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dimanche 30 mars 2025

L'expectative de vie privée dans les aires communes d'un tour à condo & la remise aux policiers d'un vidéo par les responsables de la tour à condo

R. v. Salmon, 2024 ONCA 697

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[17]      As the appellant acknowledges, the reviewing judge implicitly accepted that he might have had a reasonable expectation of privacy in the common areas of the condo building but rejected the appellant’s s. 8 claim because the building employees who provided information to the police “ostensibly had the requisite authority to provide the information”. As such, it is unnecessary to determine whether on the evidence the appellant’s expectation of privacy in the CCTV footage was objectively reasonable. It is sufficient to explain why I reject the appellant’s argument that the police obtained information and seized CCTV footage from the condominium building without lawful authority.

[18]      The appellant contends that in R. v. Yu2019 ONCA 942, 383 C.C.C. (3d) 260, leave to appeal refused, [2020] S.C.C.A. No. 38, this court recognized a “narrow carve-out” to the Reeves[2] expectation of privacy that permits a condo board to waive its residents’ privacy interests. He says that this carve-out must be interpreted narrowly, and that only a building employee who has the approval of the board of directors, as the persons authorized under the Condominium Act, 1998, S.O. 1998, c. 19, may waive a resident’s privacy interest. The appellant contends that Mr. McKensie Stone acknowledged in the voir dire that he did not think he had authority to release the CCTV footage, and there was no evidence that the condominium board had in fact approved its turnover to the police. When pressed by the panel to articulate exactly what was required of the police when, as here, a person with apparent authority co-operated with their request, the appellant’s counsel asserted that the police would have to ascertain in each case whether the condominium board in fact had authorized the release of the information they requested.

[19]      I reject this argument. First, it proposes too narrow a reading of Yu. Second, it was a reasonable interpretation of the evidence as a whole that the building employees had the requisite authority to provide the requested information to the police, including the CCTV footage.

[20]      Yu recognizes that the ability of a condo board and property management to co-operate with a police investigation by providing access to common areas of the building and other information is relevant to two issues: first, it will attenuate a resident’s reasonable expectation of privacy in common areas of the building; and second, it can provide lawful authority for a warrantless search and seizure: at paras. 72-75.

[21]      It is not a question of “waiver” of a resident’s privacy interests, as suggested by the appellant, but whether an authorized person consents to entry and/or seizure on behalf of the residents of the building as a collective. In Yu, Tulloch J.A. (as he then was) referred to the duty of a condominium corporation under the Condominium Act to administer the common elements and to manage the property of the corporation on behalf of the owners, and he noted that it is the “condominium board and, by extension, property management” that is entrusted with security of the building and the residents: at paras. 91-92.

[22]      Further, and contrary to the appellant’s argument, Yu does not require evidence in each case that the condominium board specifically authorized the turnover of information to the police. At para. 131, Tulloch J.A. concluded: “the board and property management have valid authority to cooperate with the police and to consent on behalf of the residents to allow police entry” (emphasis added). The case recognizes as “property management” the persons who, by reason of their position, have the authority and ability to regulate access to the building: at para. 93.

[23]      I therefore reject the appellant’s reading of Yu to require (1) that there must be evidence of the actual delegation of authority from a condominium board to the individual concerned before there can be said to be lawful authority; and (2) that only persons with the specific title of “property manager” can authorize police entry into a condominium building and provide information to the police.

[24]      Whether a person is “property management”, that is a person with authority to control access to a condo building, and to respond to police inquiries, is a question of fact in each case. Here, it was open to the reviewing judge to conclude, based on the evidence on the voir dire, that the information and CCTV footage the police obtained was provided by authorized persons. The police officers who attended at the building testified that they asked the security guard for the property management office, that they were directed to Mr. McKensie Stone, and that he gave them his card with his title as “senior property administrator”. They testified that they told Mr. McKensie Stone the purpose of their attendance and that he was co-operative, competent and appeared comfortable in sharing information.

La manipulation psychologique n’est pas un élément constitutif de l’infraction de leurre

Marien Frenette c. R., 2024 QCCA 207

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[19]      Il est vrai qu’un élément essentiel d’une infraction ne peut être considéré comme un facteur aggravant qui ajoute à la sévérité de la peine à être infligée[9]. Toutefois, bien que la préméditation et la manipulation psychologique soient « au cœur de l’infraction de leurre »[10], elles ne constituent pas pour autant des éléments essentiels de l’infraction, lesquels se déclinent comme suit:

(1)        une communication intentionnelle par un moyen de télécommunications;

(2)        avec une personne dont l’accusé croit qu’elle n’a pas atteint l’âge exigé par la loi;

(3)        dans le dessein de faciliter la perpétration à son égard d’une infraction énumérée.[11]

[20]      Par ailleurs, dans l’arrêt récent R. c. Bertrand Marchand, la Cour suprême souligne qu’il ressort clairement du texte de l’art. 172.1 C.cr. que la manipulation psychologique n’est pas un élément constitutif de l’infraction de leurre[12].

[21]      Elle y confirme de plus que la manipulation psychologique, la planification et la préméditation sont des éléments qui permettent d’évaluer le degré de responsabilité morale du délinquant[13]. Indéniablement, il était approprié pour la juge en l’espèce de les considérer en tant que facteurs aggravants.

Un élément constitutif de l'infraction ne peut pas être retenu à titre de facteur aggravant

R. c. Lacasse, 2015 CSC 64

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[83]                          Au sujet des facteurs aggravants, mon collègue est d’avis que le juge Couture a erronément retenu certains éléments de l’infraction à ce titre, notamment l’état d’ébriété de l’intimé (par. 146), ce qui constitue une erreur révisable qui permettait l’intervention de la Cour d’appel. Or, tel que souligné précédemment, la considération erronée d’un facteur aggravant ou atténuant ne justifie une telle intervention que lorsqu’il appert du jugement de première instance que cette erreur a eu une incidence véritable sur la détermination de la peine. Dans la présente affaire, je conviens avec mon collègue que l’état d’ébriété de l’intimé n’aurait pas dû être mentionné comme facteur aggravant, puisque cet état constitue l’un des éléments de l’infraction. Cependant, il s’agit d’une erreur non déterminante, qui n’a pas affecté la détermination de la peine outre mesure, vu la présence des autres facteurs aggravants retenus par le juge Couture (par. 32). En effet, contrairement à la situation dans Flight, où il était difficile d’évaluer l’importance que la juge avait accordée au facteur aggravant erronément retenu, en l’espèce, il ressort de la décision du juge Couture qu’il n’a accordé aucune réelle importance à ce facteur dans son jugement, se contentant plutôt de l’inclure dans l’énumération des facteurs aggravants. 

LE DÉFAUT D'AFFICHER TÉLÉMANDAT LES PLUS BREFS DÉLAIS POSSIBLE

Lanthier c. R., 2020 QCCS 5162

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[122]     Le ministère public soutient pour sa part que cette exigence était inapplicable parce que la résidence n’était pas un lieu inoccupé au sens du par. 487.1 (8) C.cr., le lieu étant habité et ses occupants, présents au moment de l’entrée de policiers. L’exigence d’affichage du par. 487.1 (8) ne s’appliquerait qu’aux lieux vacants ou abandonnés.

[123]     Le Tribunal est d’avis que les policiers avaient l’obligation de se conformer aux exigences du par. 487.1 (8) C.cr. à l’arrivée de la copie du télémandat sur les lieux à perquisitionner. Toutefois, en l’espèce, ce manquement n’a pas rendu l’exécution du télémandat abusive.

[124]     Les policiers qui exécutent un mandat de perquisition sont tenus de l’avoir sur eux et de le produire sur demande : art. 29(1) C.cr. Cette disposition vise à « permettre à l’occupant des lieux visés par la perquisition d’être mis au courant des motifs de la perquisition, d’évaluer sa position sur le plan juridique et de savoir que la perquisition semble être autorisée, de sorte qu’il devienne inutile d’y résister par la force »: R. c. Cornell2010 CSC 31 (CanLII), 2010 2 RCS 142, § 43.

[125]     Un manquement aux exigences de cette disposition ne rend pas nécessairement abusive la manière dont une perquisition a été effectuée. Il importe de considérer les circonstances particulières à chaque cas: voir aussi R. c. Manseau2010 QCCA 2347, § 17.

[126]     En cas de télémandat, les policiers sont seulement en possession d’un fac-similé de l’autorisation émise. L’art. 487.1(7) C.cr. les oblige donc plutôt à remettre un fac-similé du mandat à toute personne présente et apparemment responsable des lieux, avant de pénétrer dans les lieux à perquisitionner, ou dans les plus brefs délais possible par la suite: art. 487.1(7) C.cr. Si les lieux sont inoccupés, les policiers sont tenus d’afficher un fac-similé du mandat dans un endroit bien en vue, dès qu’il y pénètre ou dans les plus brefs délais possible par la suite: art. 487.1(8) C.cr.

[127]     Le Tribunal ne retient pas l’argument voulant qu’au moment où le policier Cloutier se présente à nouveau à la résidence des accusés en possession d’une copie du télémandat, cette résidence ne soit pas un lieu inoccupé au sens du par. 487.1(8) C.cr. Les policiers ne peuvent pas en remettre copie à une personne responsable des lieux conformément au par. 487.1(7) C.cr. : ses occupants ne sont plus sur place. L’obligation des policiers d’informer les occupants absents de leur droit de fouiller et de saisir certains objets conformément au télémandat émis passe donc par son affichage conformément au par. 487.1(8) C.cr. La situation rencontrée en l’espèce par les policiers peut entrer dans un des deux cas de figures prévus par la loi. L’interprétation suggérée par le ministère public ferait en sorte qu’en des situations comme celle en l’espèce, aucun des deux paragraphes ne trouverait application, et que les policiers n’auraient pas l’obligation de remettre ou d’afficher l’autorisation qui leur permet de se trouver sur les lieux perquisitionnés et de les fouiller.

[128]     Par ailleurs, en les circonstances, le Tribunal est d’avis que le télémandat n’a pas été exécuté de façon abusive: À leur arrivée, les policiers se sont conformés à l’exigence du « knock and announce » (voir Cornell, § 18) et ont exhibé leur mandat de perquisition aux occupants; ils ont exécuté le télémandat seulement une fois en possession d’une copie de celui-ci sur les lieux à perquisitionner ; ils ont enfin contacté les occupants avant de quitter les lieux et laissé une copie du télémandat sur place.

[129]     Le Tribunal conclut donc que la manière dont les policiers ont exécuté le télémandat sous examen ne contrevient pas à l’art. 8 de la Charte.

LE DÉFAUT DE FAIRE RAPPORT AU JUGE DE PAIX DANS LES PLUS BREFS DÉLAIS POSSIBLE

Lanthier c. R., 2020 QCCS 5162

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[135]     Le Tribunal considère que la preuve ne démontre pas, par prépondérance des probabilités, que les policiers n’ont pas fait rapport au juge de paix dès que matériellement possible ou, dans le cas de la saisie de substances désignées, dès que les circonstances le permettaient. La question a été à peine effleurée par les accusés dans le cadre du voir dire. Le matériel présenté par les accusés sur ce point ne suffit pas à démontrer que les policiers ont gardé les objets saisis sans faire rapport conformément aux exigences de la loi, et que la rétention de ceux-ci a entrainé une atteinte au droit résiduel des accusés à la vie privée.

[136]     Les Cours d’appel de l’Ontario, de l’Alberta et de la Colombie-Britannique reconnaissent que le défaut de faire rapport au juge de paix après saisie peut entrainer une violation du droit à la protection de la vie privée. Une personne conserve une expectative de vie privée vis-à-vis les objets que l’État a légalement saisis et qu’il continue à détenir: il est en effet probable que dans le cadre d’une enquête, les objets saisis et gardés soient examinés plus avant, expertisés ou copiés. La production d’un rapport au juge de paix après saisie est l’élément déclencheur du régime général de contrôle judiciaire de la rétention des objets saisis mis en place par le Code criminel, à l’art. 490, régime auquel renvoie l’art. 13 de la LRCDAS avec certaines réserves. C’est suite à la production d’un tel rapport que le juge de paix ordonne soit la remise des choses saisies, soit leur rétention pour une période initiale de trois mois. Un juge peut ensuite prolonger la période de rétention des choses saisies, mais pas sans qu’on ait donné avis d’une telle demande à leur possesseur. Le possesseur légitime ou le propriétaire d’une chose dont la rétention a été ordonnée peut de son côté demander à un juge qu’elle lui soit remise.

[137]     Ainsi, le défaut de se conformer aux exigences de faire rapport après saisie rendra déraisonnable la rétention de l’objet saisi, et entrainera une violation de l’art. 8 de la Charte, lorsque ce défaut affecte un objet à l’égard duquel l’accusé conserve une attente en matière de vie privée.

[138]     Dans l’arrêt Garcia-Machado, le policier avait fait rapport 15 mois après la saisie du dossier médical et d’un échantillon sanguin de l’accusé. Dans les arrêts Craig et Villaroman, les policiers avaient fait complètement défaut de rapporter, dans le premier cas, la saisie des données conservées par le fournisseur d’accès Internet de l’accusé, et dans le second, la saisie d’un ordinateur confié par l’accusé à un technicien informatique. Dans tous les cas, les Cours d’appel ont conclu que le défaut de se conformer aux exigences de rapport après saisie entrainait une violation de l’art. 8 de la Charte. Voir R. v. Garcia-Machado2015 ONCA 569, § 44, 45, 55; R. v. Craig2016 BCCA 699, § 180-182; R. v. Villaroman2018 ABCA 220, § 10-12; R. v. Flintroy2019 BCSC 110, §29, 30.

[139]     L’article 13(1) de la LRCDAS pose que « les articles 489.1 et 490 du Code criminel s’appliquent à toute chose saisie aux termes de la présente loi », sous réserve des dispositions particulières traitant des biens infractionnels et des substances désignées. Aux termes de l’art. 489.1 (1) C.cr., l’agent de la paix qui a saisi des biens en vertu d’un mandat doit, dans les plus brefs délais possible, soit emmener les biens saisis qu’il n’entend pas remettre à leur possesseur devant le juge de paix, soit faire rapport au juge de paix des biens qu’il a saisis et entend conserver. Aux termes du par. 490(1), le juge de paix doit ensuite ordonner leur rétention ou leur remise. Leur remise ne pourra pas être ordonnée si leur détention est nécessaire aux fins d’une enquête, d’une enquête préliminaire, d’un procès ou de toute autre procédure.

[140]     L’expression dans les plus brefs délais possible a pour pendant l’expression as soon as is practicable dans la version anglaise du par. 489.1(1). Il s’agit d’une exigence souple, variant selon les particularités de chaque affaire, et fonction de l’examen de la preuve auquel les policiers doivent nécessairement procéder avant d’être en mesure de faire dûment rapport : R. v. Canary2018 ONCA 304, § 47; R. v. Kift2016 ONCA 374, § 10; R. v. Eddy2016 ABQB 42, § 53, 54; R. v. Butters2014 ONCJ 228, § 57 (confirmé en appel à 2015 ONCA 1583). Pour décider si rapport a été fait dans les plus brefs délais possible / as soon as is practicable, il importe de se demander s’il l’a été sans délai déraisonnable : R. v. Kift, 2016 ONCA 374, § 10.

[141]     Au par. 13(4) de la LRCDAS, on précise certaines informations qui doivent apparaître au rapport et à qui celles-ci doivent être transmises, lorsque la chose saisie est une substance désignée. On y définit autrement qu’au par. 489.1 (1) C.cr. le délai pour produire un rapport, soit au moyen de l’expression dès que les circonstances le permettent ou as soon as is reasonable in the circumstances dans la version anglaise. Il est difficile de dire si les expressions dans les plus brefs délais possible et dès que les circonstances le permettent doivent être considérées équivalentes ou s’il y a entre elles une forme de gradation. Le but poursuivi par ces deux dispositions est toutefois clairement le même: R. v. Flintroy2019 BCSC 110, §29, 30. Le par. 13(4) de la LRCDAS auquel nous référons ici a été remplacé en juin 2018 (L.C. 2017, ch. 7, art. 11). Son successeur, l’art. 12.1 de la LRCDAS, précise que les agents de la paix ont trente jours pour faire rapport de la saisie d’une substance désignée.

[142]     La partie III de la LRCDAS traite de la disposition des biens saisis en général, et des biens infractionnels et des substances désignées en particulier. Le renvoi de l’art. 13(1) LRCDAS vers les art. 489.1 et 490 C.cr., fait en sorte que ces dispositions du Code criminel s’appliquent aux objets saisis en exécution d’un mandat délivré en vertu de l’art. 11 de la LRCDAS, qu’il s’agisse d’un mandat de perquisition ou d’un télémandat. Le renvoi du par. 11(2) de la LRCDAS vers l’art. 487.1 C.cr. n’incorpore que les éléments définissant les conditions d’émission d’un télémandat en vertu de cette loi. L’exigence du par. 489.1(9) C.cr. de faire rapport au plus tard dans les sept jours de l’exécution d’un télémandat émis en vertu de cet article ne concerne pas l’émission d’une telle autorisation. Cette exigence particulière ne trouve donc pas application aux objets saisis en exécution d’un mandat délivré en vertu de l’art. 11 de la LRCDAS.

[143]     À la lumière de la preuve soumise, qu’est-ce qui est plus probable? Que les policiers aient fait rapport dans les délais prévus par la loi ou non? La preuve présentée ne permet pas de le savoir. Peut-être que ce délai de 28 jours représente le temps qu’il lui a effectivement fallu pour examiner, analyser, traiter et répertorier l’ensemble des items saisis. Peut-être pas. La responsable des pièces à conviction laisse entendre que oui, sans toutefois l’affirmer. Elle ne fournit pas de détails à ce sujet, mais les parties ne lui demandent pas d’en fournir. Les feuilles de contrôle des pièces à conviction sont signées dans les deux semaines suivant les perquisitions, et rapport est fait au juge de paix deux semaines plus tard. Les raisons de ces délais n’ont pas été explorées sur voir-dire. Par ailleurs, nous ne sommes pas dans une situation où il a y défaut pur et simple de faire rapport ou dépassement des trois mois de rétention initiale qui peut être ordonnée. Nous sommes aussi dans une situation où les policiers traitent à la fois avec des substances désignées et d’autres objets. En l’espèce, le Tribunal ne dispose donc pas d’une base factuelle suffisante pour conclure à une contravention aux exigences de rapport après saisie et donc à la violation de l’article 8 de la Charte.

Les règles relatives à la détention des biens saisis & le retard pour le policier de faire son rapport au juge de paix

R. v. Garcia-Machado, 2015 ONCA 569

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[14] Section 489.1(1) applies to both warrantless common law seizures and seizures pursuant to a warrant: R. v. Backhouse2005 CanLII 4937 (ON CA)[2005] O.J. No. 754194 C.C.C. (3d) 1 (C.A.), at paras. 113, 115.

[15] Importantly, s. 489.1(1) is the gateway to s. 490. As Rosenberg J.A. explained in Backhouse, at para. 112:

Section 490 provides that where things have been brought before a justice or a report made to a justice in respect of anything seized under s. 489.1, there is an obligation on the justice to supervise its detention. The section also sets out an elaborate scheme to facilitate the return of items seized to their lawful owners.

[16] If a peace officer fails to file a report under s. 489.1(1), the property seized is not subject to judicial supervision during the investigation under s. 490. The real importance of s. 489.1(1) is its link to s. 490.

[17In R. v. Raponi[2004] 3 S.C.R. 35[2004] S.C.J. No. 482004 SCC 50, at para. 28, McLachlin C.J.C. described s. 490 as "purporting to provide a complete scheme for dealing with property seized in connection with crime". Section 490 is lengthy. To provide context for my analysis below, I outline some of its principal provisions, although in very broad terms. The interpretation of these provisions is not at issue on this appeal.

[18] Under s. 490(1), the justice to whom a report is made under s. 489.1(1)(b) is required to order the return of the property to the lawful owner or a person lawfully entitled to possession of [page742] the item unless the justice is satisfied that detention of the item is required "for the purposes of any investigation or a preliminary inquiry, trial or other proceeding". In that case, the justice may order the item detained for up to three months.

[19] Under s. 490(2) and (3), if the justice is satisfied that, "having regard to the nature of the investigation", the detention of the item for a further period is warranted, the justice may extend the detention for successive periods, but not for more than a year in total. Importantly, notice of each application to the justice for further detention must be given to the person from whom the thing detained was seized.

[20] Section 490(3) requires an order from a judge of a superior court1 to detain the item for more than a year, unless proceedings have been instituted in which the thing detained may be required.

[21] Section 490(4) provides that if the accused is ordered to stand trial, the justice is required to forward anything detained to the clerk of the court.

[22] Section 490(7) and (8) permit the person from whom the item has been seized to apply for the return of the item seized after the expiry of the detention period or, in the case of hardship, before the expiry of the detention period.

[23] Section 490(10) permits a person (other than the person from whom the item was seized) who claims to be the lawful owner or a person lawfully entitled to possession of the thing seized to apply for an order to return the thing.

[24] Section 490(13) permits the Attorney General, the prosecutor, the peace officer, or other person having custody of a document to make and retain a copy of the document before bringing it before a justice or returning it to a person.

[26] At para. 54, he cited S. Hutchison, et al., Search and Seizure Law in Canada, looseleaf (Toronto: Carswell, 2005), at p. 18-1:

[I]t is often only during the ongoing detention that the governmental intrusion into the privacy interests of the individual are realized. It is detention which allows examination, copying, and forensic testing. These aspects of the seizure, as much as the initial search itself, would seem to engage the interests of the individual which s. 8 of the Charter was intended to protect. As such, the ongoing detention should meet the same constitutional standard that the original seizure is measured against, that is, reasonableness.


Did the constable's failure to file a timely report to a justice pursuant to s. 489.1(1) of the Criminal Code in relation to lawfully seized items breach s. 8 of the Charter?

[39Section 8 of the Charter provides that: "Everyone has the right to be secure against unreasonable search or seizure." Section 8 of the Charter protects an individual's reasonable expectation of privacy: R. v. Dore2002 CanLII 45006 (ON CA)[2002] O.J. No. 2845166 C.C.C. (3d) 225 (C.A.), at para. 42.

[40In Colarusso, at pp. 61, 63-64 S.C.R., the Supreme Court of Canada made it clear that s. 8 continues to apply to protect a person's privacy rights in seized items during detention of those seized items.

[41] In that case, a coroner, acting under the Coroners Act, R.S.O. 1980, c. 93, seized a driver's blood and urine samples from a hospital in order to decide whether to hold an inquest into a death. The police eventually took the evidence to use against the driver in a criminal proceeding. The Supreme Court concluded that the seizure, which was reasonable as long as the coroner seized the evidence, was unreasonable from the point at which the police took the evidence. At para. 91, La Forest J., writing for the majority, said this:

[I]t must be understood that the protection against unreasonable seizure is not addressed to the mere fact of taking. Indeed, in many cases, this is the lesser evil. Protection aimed solely at the physical act of taking would undoubtedly protect things, but would play a limited role in protecting the privacy of the individual which is what s. 8 is aimed at, and that provision, Hunter [v. Southam Inc.1984 CanLII 33 (SCC)[1984] 2 S.C.R. 145] tells us, must be liberally and purposively interpreted to accomplish that end. The matter seized thus remains under the protective mantle of s. 8 so long as the seizure continues.


(Emphasis added)

[42] To the extent this court's decision in Church of Scientology held that s. 8 of the Charter does not apply to the act of detention, it was overtaken by Colarusso.

[43] This court has already determined that detention of property in breach of s. 489.1(1) is unlawful: Backhouse, [page746] at para. 115. However, as Rosenberg J.A., writing for the court, added, at para. 115:

It does not necessarily follow, however, that the continued unlawful detention violated the appellant's Charter rights. The initial search and seizure was lawful and complied with the Charter. I need not decide whether the subsequent failure to comply with s. 489.1 could render the initial lawful seizure unreasonable. However, see Re Church of Scientology et al. and the Queen. (No. 6) (1987), 1987 CanLII 122 (ON CA)31 C.C.C. (3d) 449 (Ont. C.A.) at 543-547.5 Even if the detention of the clothing did violate the appellant's rights under s. 8, I would not exclude the evidence obtained by the analysis of the appellant's jacket.

[44] The question on this appeal is whether the Constable's failure to comply with the requirements in s. 489.1(1) to make a report to a justice as soon as practicable also rendered the continued detention of a seized item unreasonable and therefore contrary to s. 8 of the Charter.

[45] I conclude that the answer to that question is yes. As I have explained, it is clear that an individual retains a residual, post-taking reasonable expectation of privacy in items lawfully seized and that Charter protection continues while the state detains items it has taken. Sections 489.1(1) and 490 govern the continued detention by the state of the items seized and, I conclude, the requirement in s. 489.1(1) to report to a justice as soon as practicable plays a role in protecting privacy interests. The constable's post-taking violation of s. 489.1(1) by failing to report to a justice for more than three months after seizure of the blood and hospital records compromised judicial oversight of state-detained property in which the appellant had a residual privacy interest. It therefore rendered the continued detention unreasonable and breached s. 8. The fact that a person may have a diminished reasonable expectation of privacy after a lawful, initial police seizure and that in a particular case there may have been virtually no impact on that expectation will be important factors in the analysis under s. 24(2) of the Charter. However, they will not render continued detention after a clear violation of the requirement in s. 489.1(1) to report to a justice as soon as practicable reasonable.

[46] It is established law that in order to be reasonable, a seizure must be authorized by law: R. v. Collins1987 CanLII 84 (SCC)[1987] 1 S.C.R. 265[1987] S.C.J. No. 15, at p. 278 S.C.R.; R. v. Caslake1998 CanLII 838 (SCC)[1998] 1 S.C.R. 51[1998] S.C.J. No. 3, at para. 10. If seized property is detained without complying with s. 489.1(1), then its continued detention is not authorized by law: Backhouse, at para. 115. [page747]

[47] Although one could conceive of provisions governing retention that would not relate to the protection of privacy, ss. 489.1(1) and 490 were enacted to "regulate state activity that interferes with privacy interests", as Rosenberg J.A. explained in Backhouse, at para. 110:

Although s. 489.1 was an early enactment after proclamation of the Charter it reflects Charter values and principles. It favours judicial supervision. It is part of a scheme that includes s. 490 and that is designed to regulate state activity that interferes with privacy interests.


(Emphasis added)

[48] As I explain below, the requirement in s. 489.1(1) to report to a justice as soon as practicable plays a role in protecting an individual's residual, post-taking reasonable expectation of privacy. I therefore conclude that the constable's clear failure to comply with that obligation breached s. 8.

[49] One indicator of the privacy-related role of s. 489.1(1) is the fact that the form of the warrant authorizing the initial seizure required the peace officer to comply with s. 489.1(1) ("[T]his is to authorize and require you . . . to bring [the seized things] before me or some other justice to be dealt with according to law").

[50] A second indicator is the substance of the provision itself. Section 489.1(1) requires a peace officer who wishes to detain a thing seized to bring the thing before a justice or report to a justice that he or she has seized the thing. It engages judicial oversight of state-held property in which privacy interests subsist. It also ensures that a record is made of what was actually seized. Such a record may be critical if a person seeks to assert that the initial seizure was overly broad or that the state does not need the item seized for its investigation.

[51] A third indicator of the role of s. 489.1(1) is the nature of the rights s. 490 provides to individuals whose property has been taken. Two aspects of that section are particularly important.

[52] First, s. 490(2) requires the state to give notice to the person from whom the detained thing was seized if the state wishes to obtain an extension beyond the initial three-month detention period. Notice gives the affected person the opportunity to argue that the nature of the investigation does not warrant further detention of the item seized. If the state does not need the item for the purpose envisaged when it seized it, and the state's continued detention of the property is not otherwise legally justified,6 the [page748] individual's privacy interest should prevail. Moreover, notice under s. 490(2) may be the only way an affected individual learns exactly which items the state has taken. For example, as the result of a peace officer's failure to make a return on the warrants, the defendants in Guiller were not fully apprised of what was seized until the items were introduced at trial.

[53In R. v. Tse[2012] 1 S.C.R. 531[2012] S.C.J. No. 162012 SCC 16, the Supreme Court highlighted the importance of notice where privacy is at issue. Section 184.4 of the Code (the emergency intercept provisions) did not provide after-the-fact notice to individuals whose communications the police had intercepted without prior judicial authorization. The court held, at para. 85, that s. 184.4 violated s. 8 because it did not include post-intercept notice or any other specific mechanism to permit supervision of police intercept activity. Moldaver and Karakatsanis JJ., writing for the court, adopted this statement, at para. 83: "The right to privacy implies not just freedom from unreasonable search and seizure, but also the ability to identify and challenge such invasions, and to seek a meaningful remedy." Although made in a different context, this comment is apposite. Notice under s. 490(2) may provide an affected individual with the ability to challenge the necessity of the continued detention of items seized.

[54] A second important aspect of s. 490 is that it provides the lawful owner of the item seized, a person lawfully entitled to possession of the item seized, or the person from whom the item was seized the right to apply for return of the item -- the meaningful remedy that Tse adverts to. Return of the seized items reduces or eliminates the risk that the state will violate the person's residual privacy interest. As Rosenberg J.A. noted, at para. 113 of Backhouse, s. 490's relatively summary procedure is much preferable to a more cumbersome and expensive replevin action in civil court.

[55] The recording of the items seized, the right to notice and the right to apply for return of things seized confer important protections on people whose items the state holds in detention. Compliance with s. 489.1(1) is the gateway to all of these protections. The appellant failed to report to a justice for over three months after the blood and hospital records were seized. Effective judicial oversight of property in which the appellant maintained a residual privacy interest was compromised. I conclude therefore that the constable's clear failure to comply with the requirement in s. 489.1(1) that he report to a justice as soon as practicable breached s. 8 of the Charter. I leave for another day whether any other breach of s. 489.1(1) or any breach of s. 490 -- even if so minor or technical as to have no real impact on the [page749] judicial oversight contemplated by the sections -- would breach s. 8 of the Charter.

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