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lundi 6 juillet 2026

Le délai de 24 heures n'est qu'une limite maximale : tout retard policier injustifié pour faire comparaître un prévenu constitue une détention illégale et arbitraire selon la Charte

R. c. E.W., 2002 NLCA 49

Lien vers la décision


[12]      Les parties pertinentes du paragraphe 503(1) du Code criminel sont libellées ainsi :

Un agent de la paix qui arrête une personne […] la fait mettre sous garde et, conformément aux dispositions suivantes, la fait conduire devant un juge de paix pour qu’elle soit traitée selon la loi :

a) si un juge de paix est disponible dans un délai de vingt-quatre heures après qu’elle a été arrêtée […], elle est conduite devant un juge de paix sans retard injustifié et, dans tous les cas, au plus tard dans ce délai; […]

[13]      Pour établir ce qui constitue un retard injustifié, une analyse des principes généraux pertinents commence idéalement par un examen du but et de l’importance du paragraphe 503(1) du Code criminel. Pour ce faire, je m’appuie sur la décision rendue par notre Cour dans l’affaire R. c. Simpson (1994), 1994 CanLII 4528 (NL CA), 117 Nfld. & P.E.I.R. 110 (C.A.T.-N.) (pourvoi accueilli par la Cour suprême du Canada sur une question sans incidence pour cette partie de notre décision). Le juge en chef Goodridge a indiqué ce qui suit, aux paragraphes 36, 37 et 39 :

[TRADUCTION]

[36]      Il se peut que l’article 503 soit l’une des dispositions de procédure les plus importantes du Code criminel. La liberté de l’individu est primordiale. Une personne qui n’a pas été déclarée coupable d’une infraction ne devrait jamais être mise sous garde, sauf en vertu des dispositions constitutionnellement valides du Code criminel ou d’un autre texte de loi. […]

[37]      La primauté de la liberté de l’individu est reconnue en droit anglais depuis les temps les plus anciens. La liberté est un droit fondamental. On ne peut en priver l’individu que dans le strict respect de la loi.

[39]     Lorsqu’une personne est arrêtée, avec ou sans mandat, le policier qui procède à l’arrestation a le devoir de s’assurer que cette personne n’est pas détenue plus longtemps que ce qui est absolument nécessaire, et si la loi n’autorise pas sa libération, que cette personne est conduite devant un juge de paix, qui décidera si la détention doit être maintenue ou non, et si cette détention doit être levée, quelles conditions sont assorties à la libération.

[14]      Si l’on se réfère au libellé clair du paragraphe 503(1), l’exigence fondamentale est que la police doit conduire la personne accusée devant un juge de paix « sans retard injustifié ». Le délai de 24 heures indiqué sert simplement à fixer la durée maximale autorisée de cette détention (R. c. Storrey, 1990 CanLII 125 (CSC), [1990] 1 R.C.S. 241, page 256). Le caractère injustifié ou non de ce retard dépend évidemment des faits de l’espèce. Ainsi, dans l’affaire Storrey, le retard de 18 heures était justifié et a été jugé raisonnable compte tenu des éléments de preuve indiquant qu’il était causé par les préparatifs requis pour la séance d’identification.

[15]      La relation entre la notion de « sans retard injustifié » et le délai maximal de 24 heures est expliquée dans R. c. Simpson, précité, au paragraphe 34 :

 [TRADUCTION]

D’aucuns pensent parfois que la police peut détenir une telle personne pendant 24 heures. La notion de temps fondamentale est « sans retard injustifié » et la durée maximale de cette période est de 24 heures. Il peut néanmoins y avoir un retard injustifié dans une période inférieure à ces 24 heures. Par conséquent, il ne faudrait pas présumer qu’il n’y a pas eu violation du paragraphe 503(1), même si le délai de 24 heures n’a pas expiré.

[16]      S’agissant de l’application du paragraphe 503(1), la nécessité de donner à la police la possibilité d’enquêter sur les accusations peut, dans certaines circonstances, justifier le retard avec lequel un accusé est conduit devant un juge de paix. Cependant, l’enquête doit bel et bien être en cours et se poursuivre. (Voir par exemple R. c. Dann, 2002 NSSC 37.)

[17]      Faute d’éléments de preuve qui justifieraient ce retard, le paragraphe 503(1) n’envisage pas que le juge de première instance fasse des conjonctures selon lesquelles un juge de paix aurait probablement renvoyé l’accusé sous garde pendant la période de temps nécessaire pour permettre à la police de poursuivre son enquête. Ainsi, dans R. c. MacPherson (1995), 1995 CanLII 3849 (NB CA), 100 C.C.C. (3d) 216 (C.A.N.-B.), la Cour a fait remarquer ce qui suit, à la page 222 :

[TRADUCTION]

[…] Au moment de son arrestation à Florenceville, [l’accusé] traversait le Nouveau‑Brunswick au volant d’une voiture volée. Eu égard aux antécédents, même si un juge avait été libre, ses chances d’être remis en liberté auraient été négligeables. Il n’en reste pas moins que son droit d’être conduit devant un juge dans un délai de 24 heures et de ne pas être détenu arbitrairement a été violé. […]

[18]      La garantie que donne le paragraphe 503(1) à une personne accusée est celle de pouvoir demander sa libération sans retard injustifié. Ce principe est énoncé par le juge en chef Goodridge dans l’arrêt Simpson, au paragraphe 46 :

[TRADUCTION]

Certes, il est vrai que si elle avait été conduite devant un juge, l’intimée aurait pu ne pas être libérée. Elle n’a, en fait, jamais eu l’occasion d’obtenir sa propre libération (sauf techniquement en invoquant l’habeas corpus, ce qui ne constituait pas une solution viable dans les circonstances de l’espèce). Si on lui avait donné cette possibilité, et que la liberté lui avait été refusée, sa détention aurait été légale. Cependant, tant qu’une mise en liberté provisoire par voie judiciaire n’a pas été refusée, après que la période couverte par l’expression « sans retard injustifié » a expiré et jusqu’à ce que l’intimée soit conduite devant un juge, sa détention était assurément illégale.

[19]      De plus, le fait que la police ait pu ignorer ou négliger les obligations que lui impose le paragraphe 503(1) n’excuse pas ce retard. Dans l’arrêt Simpson, le juge en chef Goodridge a indiqué ce qui suit, au paragraphe 47 :

 [TRADUCTION]

[…] Le fait qu’un policier, délibérément ou par simple négligence, n’a pas rempli les obligations qui lui étaient imposées par la loi a entraîné la détention de l’intimée. Par action ou par négligence, le système administratif, le système judiciaire, ou les deux, ont manqué à leur devoir envers l’intimée. L’omission de se conformer au paragraphe 503(1) ou de fournir le mécanisme permettant de se conformer à celui-ci est tout aussi arbitraire que la décision d’en faire délibérément abstraction.

[21]      Le juge en chef Goodridge a examiné la relation entre l’article 9 de la Charte et le paragraphe 503(1) du Code criminel dans R. c. Simpson, précité. Au paragraphe 47, il a conclu que, compte tenu des circonstances, la détention illégale au sens du paragraphe 503(1) équivalait également à une détention arbitraire, en violation du droit garanti à l’article 9 :

[TRADUCTION]

L’avocat a soutenu, et c’est chose reconnue, qu’une détention illégale n’est pas forcément une détention arbitraire. Une détention peut être rendue illégale par une erreur technique. En l’espèce, il y a eu une violation grave de la disposition législative qui protège le droit fondamental de l’intimée à la liberté à moins qu’elle soit dûment détenue en vertu de la loi. Dire qu’une telle détention était illégale est un euphémisme. Il faut considérer qu’elle a été arbitraire. Le fait qu’un policier, délibérément ou par simple négligence, n’a pas rempli les obligations qui lui étaient imposées par la loi a entraîné la détention de l’intimée. Par action ou par négligence, le système administratif, le système judiciaire, ou les deux, ont manqué à leur devoir envers l’intimée. […]

[22]      En revanche, la décision rendue par la Cour d’appel de la Colombie-Britannique dans R. c. Tam et R. c. Lai (1995), 1995 CanLII 16084 (BC CA), 100 C.C.C. (3d) 196, illustre une situation dans laquelle une détention ayant violé le paragraphe 503(1) du Code criminel, bien qu’illégale, n’était pas arbitraire au sens de l’article 9 de la Charte. La juge d’appel Prowse, s’appuyant sur les faits particuliers de l’espèce, notamment la nature internationale et complexe de l’enquête, a expliqué ce qui suit, au paragraphe 56 :

[TRADUCTION]

[…] Bien que je ne rejette pas les affirmations faites dans les arrêts Koszulap et Simpson quant à l’importance de respecter l’article 503 du Code criminel, je suis convaincue qu’il y avait en l’espèce une explication valable à l’incapacité de conduire plus rapidement M. Lai devant un juge de paix. Il n’y a eu ni retard inexpliqué, comme ce fut le cas dans l’affaire Koszulap, ni mépris des droits de l’accusé, que ce soit par ignorance ou par insouciance, comme dans l’affaire Simpson.

[30]      Enfin, le juge de première instance a fait remarquer que E.W. ne s’était pas plaint de sa détention. Ce facteur n’est pas pertinent. Le droit d’être conduit sans retard injustifié devant un juge de paix, qui est inscrit à l’article 503 du Code criminel, ne dépend pas du fait que l’accusé se plaigne de sa situation.

[31]      Pour résumer, le juge de première instance ne disposait d’aucun élément de preuve lui permettant de conclure que le retard avec lequel l’affaire de E.W. avait été traitée, à savoir au-delà de la matinée du 16 février jusqu’après 15 h, était justifié. En effet, dans son interprétation du paragraphe 503(1), il n’a pas tenu compte de l’expression « sans retard injustifié », et il a plutôt supposé que le fait que l’accusé soit conduit devant un juge de paix dans un délai de 24 heures est suffisant pour que la détention soit valide. Cette interprétation est clairement entachée d’erreur.

[32]      Lorsqu’une personne arrêtée est conduite avec retard devant un juge de paix, ce retard doit être justifié. Pour cela, ce retard doit reposer sur des éléments de preuve. En l’espèce, rien n’explique pourquoi E.W. est resté sous garde pendant plus de six heures, en pleine journée. C’est une longue durée, particulièrement si on l’examine à la lumière de l’objet du paragraphe 503(1).

[33]      Par conséquent, la conclusion doit être que la détention de E.W. était contraire au paragraphe 503(1) du Code criminel. Cette détention était donc illégale.

[34]      Cette détention illégale constituait également une détention arbitraire au sens de l’article 9 de la Charte. La violation du paragraphe 503(1) n’était pas due à une simple erreur technique. Elle ne pouvait pas non plus s’expliquer par les activités de la police ou par les contraintes qui lui étaient imposées. E.W. avait le droit fondamental d’être conduit sans retard injustifié devant un juge de paix pour que celui-ci évalue sa détention. Voici les propos du juge en chef dans R. c. Simpson, précité, au paragraphe 47 :

 [TRADUCTION]

[…] Le fait qu’un policier, délibérément ou par simple négligence, n’a pas rempli les obligations qui lui étaient imposées par la loi a entraîné la détention de l’intimée. Par action ou par négligence, le système administratif, le système judiciaire, ou les deux, ont manqué à leur devoir envers l’intimée. […]

[35]      Bien que ce retard n’ait pas été aussi long que celui observé dans l’affaire Simpson, sa durée, les circonstances de l’espèce, et le défaut de la police d’expliquer les raisons pour lesquelles elle n’avait pas conduit E.W. devant un juge de paix sans retard injustifié rendent cette détention arbitraire. Compte tenu de tout cela, la présente affaire se distingue d’affaires comme R. c. Lai et R. c. Tam, dans lesquelles une enquête complexe était activement en cours pendant que les accusés étaient en détention.

[36]      Par conséquent, je conclus que le juge de première instance a commis une erreur en décidant que E.W. n’avait pas été détenu arbitrairement. Le droit de E.W. garanti à l’article 9 de la Charte a été violé. Le ministère public n’a pas tenté de justifier cette violation en invoquant l’article 1 de la Charte, et, compte tenu des circonstances, je ne vois rien qui pourrait la justifier. Par conséquent, il convient d’examiner la question de la réparation.

Tableau des peines – possession de petites quantités ou de quantités modestes de cocaïne (sous forme de poudre)

R. c. Nelson, 2019 QCCQ 3534

Lien vers la décision


APPENDIX A

- sentencing chart – PPT of small or modest amounts of cocaine in powder form (s. 5(2)(3)(a) C.D.S.A.) -

 

Decision

Relevant facts

Quantities involved

 

Accused’s profile

Sentence

 

R. c. Dinh (1982), 1982 CanLII 3867 (QC CA), 68 C.C.C. (2d) 374 (Que.C.A.).

 

 

-trafficking: 5.3 g

 

-PPT: 2.3 g

 

-20 years old.

 

-no prior convictions.

 

-had the support of his wealthy family.

 

-used drugs himself, though he was not addicted.

 

-went back to school shortly before his arrest.

 

3 years

 

(affirmed on appeal)

 

R. v. Byers (1989), 1989 CanLII 200 (NS CA), 90 N.S.R. (2d) 263 (N.S.C.A.).

-guilty plea.

 

-the accused sold cocaine to an undercover officer.

 

-trafficking: 4 g

 

-trafficking: 1 g

-extensive criminal record, including drug offences.

3 years

 

(increased on appeal from 2 years)

 

R. c. Larochelle, [1998] J.Q. no. 449 (Que.C.A.).

-a confidential informer told police that the accused was selling drugs from a given location.

 

-upon executing a search warrant, the police found 1.5 g of cocaine underneath the bathroom sink, 10 000$ in cash, a firearm, a scale and accounting documents.

 

-PPT : 1.5 g

-extensive criminal record, including one prior conviction for PPT dating back 9 years, for which he received 9 months in jail.

 

30 months

 

(reduced on appeal from 6 years)

 

R. v. Le, 2013 ABCA 232.

-guilty plea.

 

-the accused was observed engaging in transactions consistent with trafficking. On arrest, he was found in possession of 6.58 g of cocaine.

 

 

-PPT: 6.58 g

-48 years old.

 

-unforeseen immigration consequences. He lived in Canada for 30 years as a permanent resident.

 

28 months

 

(affirmed on appeal, despite the unforeseen immigration consequences)

 

R. c. Leblanc, [1993] J.Q. no. 2061 (Que.C.A.).

-guilty plea.

 

-two minor transactions with an undercover officer at a bar.

-trafficking: 0.5 g

 

-trafficking: 0.5 g

-“young” accused.

 

-several prior convictions, including 3 of a similar nature.

 

-was already on probation for drug trafficking.

 

27 ½  months

 

[25 months + 2 ½ months pre-sentence custody]

 

(affirmed on appeal)

 

R. c. Maltais & Blais, [1990] J.Q. no. 849 (Que.C.A.).

-guilty pleas.

 

-sold 6 g of cocaine to an undercover officer. Promised to sell him another 6 g at a later time.

-trafficking : 6 g

-Maltais: 26 years old. Prior convictions, but not drug-related. Welfare recipient with a 4-year-old child.

 

-Blais: 30 years old. One prior conviction for theft. Welfare recipient.

 

24 months

 

[23 months + 41 days of pre-sentence custody]

 

(affirmed on appeal)

 

R. v. Harrisson (1998), 1998 ABCA 16 (CanLII), 122 C.C.C. (3d) 572 (Alta.C.A.).

 

-PPT: 5.75 g

 

(split into 23 x ¼ g flaps)

 

-30 years old.

 

-one previous conviction for theft.

 

-supported himself as an artist.

 

2 years

 

(increased from a 2 year-1day conditional sentence)

 

R. v. Do, 2012 ABCA 385.

 

-dial-a-dope operation.

 

-sold 60$ worth of cocaine to an undercover officer.

 

-“very unusual facts”, according to the Court of Appeal.

 

-a “single small act of trafficking”.

 

-trafficking: 0.7 g

 

-the accused was never actually in possession of the drug.

-23 years old.

 

-no prior convictions.

 

-PSR: the accused minimized his actions.

22 months

 

(reduced on appeal from 30 months)

 

R. v. Meggo, [1998] O.J. No. 2564 (Ont.C.A.).

-the police executed a search warrant in the accused’s apartment and found the drugs.

 

-PPT: 7 g

-33 years old.

 

-no prior convictions at the time of the offence. Had one subsequent conviction.

 

18 months

 

(affirmed on appeal)

 

R. v. Downey (1989), 1989 CanLII 9820 (NS CA), 94 N.S.R. (2d) 71 (N.S.C.A.).

-during the execution of a search warrant, the accused was found in a bedroom with two infant children.

 

-hidden underneath one of the children was a leather pouch containing the drugs.

 

-PPT: 4.5 g

 

(split into 18 decks)

 

18 months

 

(affirmed on appeal)

 

R. v. Ahmed, 2001 BCCA 504.

-over a one-month period, the accused sold cocaine to undercover officers on 6 occasions.

-trafficking: 7.2 g

-29 years old.

 

-landed immigrant.

 

-the accused denied the offences.

 

-stable relationship with a newborn child.

 

-employed as a janitor.

 

-letters of support from his community.

 

18 months

 

(increased on appeal from an 18-month conditional sentence)

 

R. c. Robert, [1993] J.Q. no. 1626 (Que.C.A.).

-sold small amounts of cocaine to an undercover police officer, all on the same day.

 

-during his subsequent arrest, the larger quantity was seized.

 

-trafficking: 0.5 g

-trafficking: 0.25 g

-trafficking: 0.5 g

-trafficking: 2 g

-PPT 6.25 g

 

-steadily employed.

 

-no prior convictions.

 

18 months

 

(increased on appeal from 90 days intermittent)

 

R. v. Cook, 2001 BCCA 225.

 

-police executed a search warrant and discovered the cocaine in her residence, as well as cocaine-related paraphernalia.

-trafficking: 6.9 g

 

(split into 23 flaps)

-one prior conviction of a similar nature “a few years ago” for which she was sentenced to 45 days.

 

-drug abuse problems. Was making very good progress while in custody.

 

18 months

 

(affirmed on appeal)

 

R. c. Léonard, [1993] J.Q. no. 1628 (Que.C.A.).

-sold small amounts of cocaine to an undercover police officer, all on the same day.

 

-during his subsequent arrest, the larger quantity was seized.

 

 

-trafficking: 0.25 g

-trafficking: 0.25 g

-trafficking: 0.25 g

-PPT: 15 g

-steadily employed.

 

-prior conviction for breaking and entering, 5 years earlier.

 

18 months

 

(increased on appeal from 90 days intermittent)

 

R. v. Ruda (1992), 1992 CanLII 8270 (SK CA), 100 Sask.R. 159 (Sask.C.A.).

-undercover police attended the accused’s place of business looking for cocaine. He provided them with 6.25 g for 800$ cash.

 

-trafficking: 6.25 g

-31 years old.

 

-no previous drug-related conviction.

 

-the accused was working and had a wife and children, including a 4-year-old son.

 

16 months

 

(reduced on appeal from 21 months)

 

R. v. Martin (2012), 2012 NBCA 95 (CanLII), 396 N.B.R. (2d) 343 (N.B.C.A.).

 

-guilty plea.

 

-following an ongoing investigation, the accused was stopped and arrested. A search of his truck revealed the drugs.

-PPT hash: 4.12 g

 

-PPT cannabis: 7 g

 

-PPT cocaine: 5.75 g

(split into 13 baggies)

-previous related conviction 9 years earlier.

 

-favourable PSR.

 

-the accused was paying child support for 3 children.

 

-was gainfully employed, working hard to reduce various debts.

 

15 months

 

(increased on appeal from a 22-month conditional sentence)

 

R. v. Bathurst, [1996] A.J. No. 846 (Alta.C.A.).

-the accused sold 1 g of cocaine to a friend. Another gram was seized after he volunteered the information to the police.

 

-trafficking: 1 g

-PPT: 1 g

-25 years old.

 

-no prior convictions.

 

-employed.

 

-supportive family.

 

-drug addict. He sought treatment.

 

15 months

 

(reduced on appeal from 2 years-1day)

 

R. v. Dawe, 2002 NSCA 147.

 

 

-PPT cocaine: 4 g (split into 8 packages)

 

-PPT hash: 200 g

-PPT cannabis: 235 g

 

-prior convictions.

 

-lack of remorse.

15 months

 

(affirmed on appeal)

 

R. v. Barrick, 2012 BCCA 83.

-guilty plea.

 

-the accused sold 3 spitballs to an undercover officer. While on bail, he was arrested and a search of his car revealed a further 3.2 g of cocaine.

 

-trafficking: 3 “spitballs” of cocaine.

 

-PPT: 3.2 g

 

(split into 7 spitballs)

-24 years old.

 

-no prior convictions.

 

-sold cocaine to support an addiction to pain medication arising from a motor vehicle accident.

 

-numerous favourable letters of reference.

 

15 months total sentence

 

(the length was affirmed on appeal, but the C.A. substituted consecutive terms totalling 15 months)

 

R. v. Johnson, 2010 BCCA 57.

-dial-a-dope operation. The accused’s father sold cocaine to an undercover officer.

 

-PPT: 5.8 g

 

(split into 13 packages)

-30 years old, with a learning disability. She still lived with her parents.

 

-one prior conviction for fraud.

 

-the accused was addicted to cocaine.

 

-various health issues: anxiety disorder, sleep apnea causing excessive weight, depressive disorder.

 

12 months

 

(affirmed on appeal)

 

R. v. Newman (1998), 1998 CanLII 17781 (MB CA), 129 Man.R. (2d) 286 (Man.C.A.).

 

-guilty plea.

 

-one single sale of 0.25 g of cocaine.

 

-trafficking: 0.25 g

-40 years old.

 

-no prior convictions at the time of the offence. Subsequent unrelated convictions.

 

-suffered from clinical depression.

 

-substance abuse problems.

 

-high risk to reoffend.

 

12 months

 

(reduced on appeal from 18 months)

R. v. Perry, 2007 PESCAD 15.

-guilty plea.

 

-the accused sold cocaine to two undercover officers.

 

-trafficking: 1 g

 

-trafficking: 3.5 g

-no prior convictions.

 

-married with one child, in addition to two other children from a previous relationship.

 

-employed and described as reliable by his employer.

 

-expressed remorse.

 

-the accused was not a drug user, but did have a drinking problem at the time of the offence.

 

 

12 months

 

(affirmed on appeal)

 

R. v. Salame, 1999 ABCA 318.

-guilty plea.

 

-the accused sold cocaine to an undercover officer in order to secure a job.

 

-trafficking: “small amount”

 

12 months [due to exceptional circumstances, including the time served, the restrictive conditions and the 100 hours of community service already performed]. The Court of Appeal held that 2 years-1day would have been an appropriate sentence.

 

(increased on appeal from a conditional sentence with strict conditions, including intermittent incarceration)

 

R. v. Mandolino, [2001] O.J. No. 289 (Ont.C.A.).

-guilty plea.

 

-conducted two separate sales to an undercover officer.

-trafficking: 0.8 g

-29 years old.

 

-criminal record (unspecified).

 

-the accused was a drug addict and prior to trial, had taken steps to deal with his addiction.

 

-the Crown had only asked for a 12-month sentence.

 

10 months

 

(reduced on appeal from 15 months)

 

R. v. McIntyre, 2012 SKCA 111.

-guilty plea.

 

-dial-a-dope operation.

 

-undercover officers made two cocaine purchases from the accused on the same night.

 

-the accused was a small, street-level trafficker.

 

-trafficking: 2 g

-25 years old.

 

-father of a newborn.

 

-one prior unrelated conviction (mischief).

 

-addicted to cocaine since age 19.

 

-took steps to turn his life around.

 

10 months

 

(reduced on appeal from 14 months)

 

R. v. Tran, [1998] B.C.J. No. 652 (B.C.C.A.).

-guilty plea in the course of the trial.

 

-dial-a-dope operation.

-trafficking: “small amount”

 

-no drugs were actually found on the accused

-married man with two children.

 

-he came to Canada as a refugee.

 

-the accused’s business was in difficulty and he was persuaded to get involved in a trafficking operation.

 

9 months

 

(affirmed on appeal)

 

R. v. Martinez, 2001 BCCA 712.

-guilty plea.

 

-dial-a-dope operation.

 

-the accused delivered 0.7 g of cocaine to an undercover officer.

 

-trafficking: 0.7 g

 

-PPT: 1.2 g

-38 years old.

 

-2 previous convictions for PPT.

 

-landed immigrant status.

 

-university educated.

 

-was living with his pregnant common-law spouse.

 

-unemployed at the time of the offence. Had been steadily employed as a painter and landscaper in the past.

 

 

8 months

 

(reduced on appeal from 14 months)

 

R. v. Ladret, 2012 BCCA 401.

-dial-a-dope operation.

-PPT: 400-500$ value.

-42 years old.

 

-prior convictions, but none for drug trafficking.

 

-Significant drug problem.

 

8 months

 

(affirmed on appeal)

 

R. v. Prudencio, 2000 CarswellOnt 4733 (Ont.C.A.).

-guilty plea.

 

-the accused sold cocaine on two occasions to an undercover officer in a parking lot.

 

-trafficking: 0.9 g

 

-trafficking: 0.84 g

-26 years old.

 

-prior convictions, but unrelated (possession of stolen property and dangerous driving).

 

-was on probation at the time of the offence.

 

6 months

 

(reduced on appeal from 12 months)

 

R. v. Duong, 2003 BCCA 120.

-dial-a-dope operation. On two occasions in the same week, the accused sold cocaine to undercover officers.

 

-the accused was “at the bottom of the pyramid in the cocaine industry”.

 

-trafficking: 2g

 

-trafficking: 3.5 g

-33 years old.

 

-no prior convictions.

 

-obtained his citizenship after coming to Canada as a refugee.

 

-was employed at the time of the offence and at the time of sentencing.

 

-good prospects of rehabilitation.

 

6 months

 

(affirmed on appeal)

 

R. v. Fargo, 2015 BCCA 187.

 

-guilty plea.

 

-the accused was observed by the police to be a passenger in a car who engaged in 5 interactions that were consistent with drug transactions. When arrested, his search revealed the cocaine.

 

-PPT: 3 g

-25 years old.

 

-no prior convictions.

 

-addicted to crack cocaine.

 

-unemployed: sold cocaine to support his addiction.

 

-long-time marijuana user.

6 months

 

(affirmed on appeal)

R. v. Juker, 2015 SKCA 127.

 

-guilty plea.

 

-the cocaine was found following a traffic stop. The accused was the rear passenger and appeared to be quickly deleting messages from his cell phone.

 

 

-PPT: 9 “spitballs” of cocaine.

 

-criminal record for property offences.

 

-drug addict.

 

-supportive family.

 

-the accused suffered from a disabling degenerative hereditary condition: muscular atrophy.

 

-positive PSR.

 

6 months

 

(affirmed on appeal; had it not been for the debilitating medical condition of the accused, the Court of Appeal would have increased the sentence. He required medical care, including Dilaudid treatment and special orthotic footwear).

 

 

 

Le dédommagement à la victime doit toujours être envisagé lors de la détermination de la peine

Le délai de 24 heures n'est qu'une limite maximale : tout retard policier injustifié pour faire comparaître un prévenu constitue une détention illégale et arbitraire selon la Charte

R. c. E.W., 2002 NLCA 49 Lien vers la décision [ 12 ]        Les parties pertinentes du paragraphe 503(1) du Code criminel sont libellées ...