Rechercher sur ce blogue

dimanche 3 novembre 2024

Les policiers n’ont pas besoin d’obtenir une autorisation judiciaire préalable avant d’entreprendre une opération d’infiltration

R. c. Araghoune, 2024 QCCS 3750 

Lien vers la décision


[70]        L’opération d’infiltration s’est déroulée sans l’obtention d’une autorisation judiciaire préalable et ce n’était pas de toute façon le rôle de l’agente d’infiltration de décider si une autorisation judiciaire était requise.

[71]        Comme l’énonce notamment la Cour suprême du Canada dans R. c. Mills[12], les opérations d’infiltration sont reconnues comme des outils d’application de la loi légitimes et importants. Les policiers n’ont pas besoin d’obtenir une autorisation judiciaire préalable avant d’entreprendre une opération d’infiltration[13]. La Cour suprême a reconnu que les policiers peuvent faire appel à la créativité et au subterfuge dans leur travail de prévention du crime et d’enquête en matière criminelle, mais que leur conduite ne doit pas menacer l’intégrité du système de justice.

[72]        Araghoune prétend que l’opération d’infiltration constitue une fouille et qu’une autorisation judiciaire préalable était requise. Le Tribunal considère l’argument sans fondement.

[73]        De plus, même si Araghoune avait raison de prétendre qu’en acceptant son offre d’utiliser son téléphone, l’agent d’infiltration effectue une fouille sans mandat, le Tribunal est d’avis qu’Araghoune renonce à toute expectative à la vie privée en tendant le téléphone à l’agente d’infiltration pour qu’elle puisse effectuer un appel.[14] Même en en considérant dans ce cas que le fardeau de preuve appartient au poursuivant, le Tribunal aurait été d’avis que la fouille est raisonnable et n’est pas contraire à l’article 8 de la Charte.

[74]        Au surplus, même si l’opération policière ne visait pas une résidence privée, il ne s’agissait pas d’une enquête criminelle hypothétique ou d’une « partie de pêche »; les policiers étaient en possession d’informations permettant de faire un lien entre Araghoune et une infraction criminelle soupçonnée.[15]

Aucun commentaire:

Publier un commentaire

Le dédommagement à la victime doit toujours être envisagé lors de la détermination de la peine

Le juge seul doit se mettre en garde contre la fragilité d’une preuve d’identification par témoin oculaire considérant les dangers qu’elle implique

Saillant-O'Hare c. R., 2022 QCCA 1187 Lien vers la décision [ 27 ]        La preuve d’identification par témoin oculaire comporte des da...